
Match reporté de la 24ème journée du National, le mardi 6 avril 2010. Les équipes qui s'affrontent ce soir ont, curieusement, un point commun. Elles ont toutes deux accueilli dans leurs rangs Sylvain N'Diaye. Bon, je ne me souviens même plus de sa dernière apparition sous le maillot rouge et blanc, mais ça méritait d'être souligné, non? Non, même pas un peu?
Deux titres (majeurs s'il en est) pour le RAF (Rodez Aveyron Football), les ruthénois (oui, la tentation est grande de les appeler rodéziens, je sais) ont enlevé le championnat de division 3 zone Sud-Ouest en 1988 et 1990. Une demi-finale de coupe de France perdue contre l'OM (ça me rappelle quelque chose...) en 1991 est entrée dans l'histoire du club.
Je décanille de Reims le lundi soir à 20h50, pour prendre le train de nuit de Paris. Non, vous ne rêvez pas, un train relie Paris à Rodez. Je débarque en Aveyron le mardi à 6h45, et commence à visiter les lieux. Problème, à 9h j'ai fini. Ah ben pour sûr, la journée sera longue.

Pour toi mon kikinenche et tous nos chômeurs longue durée qui peuplent la Jonquet (non, cette fois je ne parlerai pas de nos amis nordistes qui en prennent si souvent pour leur grade).

Apparemment, le progrès a contourné Rodez...avec l'indien des Village People en prime.


On croise beaucoup de cathédrales en National (16ème siècle pour Notre Dame de Rodez, une jeunette).

Espérons qu'il n'y ait pas prolongation et tirs au but ce soir; match à 20 heures, train à 22h30, distance stade-gare entre 2 et 3 kilomètres à pieds. Le timing sera serré, mais on est ultras ou bien?


Paul Lignon, 6 000 places, 4 500 assises. Le gardien du temple m'a ouvert la grille en pleine journée afin que je puisse m'imprégner de ce lieu chargé d'histoire...

Le troquet du kop ruthénois, lieu de débauche à deux pas du stade. Bon, par ici, les looks casu restent au vestiaire. On est plutôt survet-mocassins à glands.

Les rémois, partout, toujours.

A l'entrée des joueurs, session tifo chez le KR. Après avoir expliqué dix fois comment déplier les voiles à une tribune mortifiée, le capo commence sa carrière en solo. Les chants sont repris par deux ou trois excités éparpillés dans les travées. Je me répète, mais je félicite toutes ces bonnes volontés qui essaient d'animer les stades de National. Quel cauchemar cela doit être.
Quant à l'agitation de drapeaux, parlons en. Le capo: "allez les gars, prenez tous un drapeau, je veux voir vibrer la tribune!!" Les mecs tournent l'objet dans tous les sens: "comment ça marche? le mode d'emploi est en bosniaque". Affligé par la prestation en ce domaine, l'un des membres du groupe prendra le drapeau des mains d'un de ses potes pour le jeter sous les sièges, où il dormira jusqu'à la fin du match.
Dans le Midi Libre du jour, une interview de cette ancienne gloire que fût N'Diaye, cité plus haut dans cet article. Non content d'avoir déclaré regretter sa signature au Stade, à la question "pensez-vous que le RAF puisse l'emporter sur Reims?" il décrète "Oh oui, il faut démystifier cette équipe. Comme Evian et Troyes, ce n'est pas une très grosse équipe...". Et ne pas réussir à s'imposer dans cette équipe qui n'est pas très grosse n'est-il pas l'apanage d'un joueur somme toute médiocre et sans doute surévalué? Au sein d'un groupe, l'illusion est possible, et même en étant un professionnel plus que moyen, on peut disputer une finale de coupe UEFA (avec Marseille contre Valence). On peut être aigri, môssieu N'diaye, mais ne vous en déplaise, la première partie de saison du club a été excellente malgré votre présence (ou devrais-je dire votre absence) du banc de touche.
Après il y a les faits, qui peuvent corroborrer la thèse de ce bien triste sire. Depuis deux mois, à partir du moment où l'adversaire a décidé de nous rentrer dans la gueule, rien ne va plus. Incapables de hausser le rythme du jeu, les rémois sont complétement mangés dans l'envie et la hargne d'aller chercher les ballons, il n'y a plus rien à faire. Liébus (le champion, qui faisait son retour ce soir) a vraiment mal jugé la trajectoire d'un long centre venu de la droite, et est battu dans les airs par l'avant-centre ruthénois (qui mesure 1,50m) qui place une tête qui finit au fond (malgré la chevauchée fantastique de Barbier, qui sur ce coup a dû avoir peur de se fouler la cheville.........). Et que dire de la deuxième réalisation du RAF...ce soir, c'était Lu Cadeaux. En effet, l'ailier aveyronnais enrhume littéralement Lucas Deaux avant de centrer fort devant le but. Le numéro 9 laisse filer la balle entre ses jambes, toute la défense gardien compris, est surprise. En embuscade, un sang et or envoie un boulet dans la cage vide. Au revoir messieurs-dames.
J'entends dans la bouche de certains supporters locaux, en sortant de cet enfer "mais ils vont monter Reims? Ils sont mauvais". Je peux vous dire que ça fait mal à entendre venant des spectateurs du 15 ème du championnat. Mais difficile d'opposer des arguments après cela. J'ai hâte de lire le compte-rendu de Marc Collat, qui bizarrement voit rarement le même match que moi. Bon, c'est lui le spécialiste, mais un peu d'objectivité ne ferait pas de mal, et reboosterait peut-être tout ce monde là qui a dû oublier qu'il restait sept rencontres à disputer et que des gens payaient des billets pour assister à ce massacre.
Et le comble dans tout ça, c'est que les grèves SNCF commençaient en même temps que le match, et que je suis bloqué ici jusqu'à demain midi...mais qu'est-ce que je vais bien pouvoir branler pendant ce temps là?